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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/239

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Quand elle revint au salon, après avoir rétabli l’ordre dans ses cheveux ébouriffés, ses joues étaient aussi rouges que les baies de la branche de houx qu’elle portait à son corsage, et tante Myra, toujours aussi disposée à voir tout en noir, dit en la regardant :

« Quelles couleurs maladives ! Mon cœur se brise à la pensée du sort qui attend cette pauvre enfant.

— Cette petite est vraiment bien intelligente, dit tante Juliette, quand Rose, s’approchant de Mac qui se tenait auprès du feu, lui passa un écran pour garantir ses yeux.

— Elle est fort jolie, ce soir, » ajouta tante Clara.

Tante Jessie ne dit rien, mais elle soupira tout bas :

« Oh ! que je voudrais avoir non seulement mes garçons, mais aussi une fille comme Rose, à montrer à mon cher Jem, à son retour ! »

Outre les voyages trop fréquents de son mari, le capitaine Jem, le grand chagrin, — on pourrait dire le seul chagrin de la bonne Mme Jessie, — était de n’avoir point, de filles ; ses quatre garçons ne lui suffisaient pas.

L’oncle Alec entra, donnant le bras à tante Prudence. Celle-ci, qui avait la manie de porter des bonnets sur- chargés d’ornements, en avait arboré un pour la circonstance, tellement garni de dentelles et de rubans jaunes, qu’à chacun de ses mouvements des nœuds voltigeaient dans tous les sens. Les aînés de ses neveux contenaient à grand’peine l’hilarité des plus jeunes ; la bombe allait éclater quand arriva l’oncle Mac, accompagné de Fun-See, que six mois de séjour au collège avaient transformé. Plus de queue, plus de souliers recourbés, plus de cos-