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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/228

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effrayante ? dit le docteur. Je ne connais pas d’étude plus belle et plus propre à nous pénétrer de reconnaissance et d’admiration envers notre Créateur.

— Est-ce que réellement cela vous amuse, Rose ? demanda la vieille dame d’un ton d’incrédulité.

— Je crois bien ! Vous ne vous imaginez pas comme c’est merveilleux ! Pensez donc : il y a dans nos poumons six cent millions de cellules pour contenir l’air !... Ce n’est pas tout : dans un pouce carré de la surface de la peau, on trouve deux mille pores par lesquels on respire aussi pour ainsi dire. Jugez un peu quelle quantité d’air il faut donner à notre corps, et quel soin il faut prendre de la peau pour que toutes les petites portes s’ouvrent et se ferment convenablement ! Et le cerveau, ma tante, il paraît que c’est encore plus curieux ; mais je n’en suis pas encore là ! »

Rose était si intéressée par son sujet, qu’elle ne « posait » pas le moins du monde. Sa tante l’écouta sans répondre ; chacun des mots du docteur et de son élève l’atteignaient à un endroit sensible. Les quantités innombrables de fioles de pharmacie et de boîtes de pilules, qu’elle avait prises ou fait prendre à son entourage sur la foi d’un prospectus menteur, lui revenaient à la pensée, et elle se voyait obligée de reconnaître que, si elle n’était plus maîtresse de ses nerfs, si elle avait une santé plus que délicate, c’était un peu par sa faute.

« Je croirais assez que vous avez raison, mon cher Alec, dit-elle enfin ; mais, à votre place, je ne pousserais pas Rose trop loin dans cette voie. Quant à moi, la vue