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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/225

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chaleureusement sa nièce pour la remercier, et le docteur Alec lui fit cet éloge qui la remplissait toujours de joie :

« Je suis content de vous, ma chère fille. »

Si bien que Rose se sentit aussi fière que si elle avait rendu à son pays un service signalé. C’était vrai jusqu’à un certain point, car, contribuer à la bonne éducation d’un enfant, c’est préparer un bon citoyen à la patrie.

Quelques jours après, l’oncle Alec dit à sa pupille :

« Puisque vous partagez mes idées à propos du tabac, voici un livre qui vous renseignera sur mille autres choses très utiles. En le lisant, vous apprendrez qu’il est extrêmement mauvais de se trop serrer dans un corset, de veiller tard et de ne pas prendre d’exercice.

— Cela doit être intéressant, répondit Rose en lisant le titre : De la nécessité de l’hygiène dans la vie. Vous devriez me donner des leçons de médecine, ajouta-t-elle, cela m’intéresserait tant !

— Je veux bien, ce sera tout avantage pour moi, car, le jour où vous serez assez savante, vous vous ferez recevoir médecin et vous me remplacerez auprès de mes malades.

— Je ne demande qu’à reprendre votre clientèle, » continua la petite fille sur le même ton.

Tante Clara, qui assistait à cette conversation, ne comprit pas la plaisanterie.

« Oh ! vous n’y pensez pas, Alec, s’écria-t-elle scandalisée. Ce n’est pas l’affaire des femmes de s’occuper de médecine.