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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/222

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bien difficile. Je ne fumais que pour faire comme Charlie et je ne tiens pas essentiellement à continuer.

— Et vous, Charlie ? demanda la petite fille en se tournant vers le prince Charmant, qui avait repris sa cigarette dans le seul but de la contrarier.

— Moi, dit-il, je trouve que les femmes sont toujours à exiger des hommes des sacrifices. Que diriez-vous si nous agissions de même à votre égard, mademoiselle ?

— Je vous obéirais si ce que vous me demandiez était raisonnable, messieurs les hommes, répondit très sincèrement sa cousine.

— Nous allons voir, s’écria Charlie, Je m’abstiendrai de fumer si vous consentez de votre côté à vous priver de quelque chose d’analogue.

— Je ne fais rien d’analogue, répondit Rose.

— Vous faites pis encore, interrompit Charlie.

— Qu’est-ce donc ? demanda Rose avec inquiétude.

— Vous dites que c’est mal de fumer ; pouvez-vous soutenir longtemps que ce soit plus intelligent de mettre des anneaux à ses oreilles ? Autant vaudrait tout d’un temps se percer le nez comme les sauvages ! »

Une expression d’effroi se peignit sur la figure de la petite fille, et elle porta instinctivement les mains à ses oreilles comme pour protéger les bijoux qui y étaient suspendus.

« Oh ! Charlie, dit-elle d’un air suppliant, demandez-moi autre chose.

— Je ne vous demande rien du tout, répondit le taquin Charlie, vous êtes parfaitement libre d’avoir une