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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/22

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LA PETITE ROSE.

— Il n’est pas parti, reprit la fillette en jupons courts.

— Où est-il ?

— Dans mon gosier. Voulez-vous l’entendre encore ?

— Dans votre gosier ! s’écria Rose stupéfaite ; en êtes-vous sûre ? » Et, se perchant sur une table pour éviter les torrents de mousse de savon qui roulaient jusqu’à elle : « Oh ! oui, je voudrais l’entendre. »

La petite laveuse de plancher essuya ses mains mouillées après son tablier, se releva et se mit à chanter. Elle imita tour à tour le gazouillement du pinson, le sifflement de la mésange, le cri du geai, le chant de la fauvette et celui de bien d’autres oiseaux des bois, et termina comme la première fois par une explosion de notes joyeuses. En fermant les yeux, on se serait volontiers cru transporté dans une volière.

Rose, le regard fixe et la bouche ouverte, écoutait en extase ce concert improvisé.

« Bravo ! fit-elle à la fin. C’est ravissant. Où avez-vous appris à chanter comme cela ?

— Dans les bois, » répondit la jeune fille en se remettant à l’ouvrage avec une nouvelle ardeur.

Rose partit d’un éclat de rire.

« Alors, dit-elle, les oiseaux d’ici sont de bons maîtres, car je serais bien embarrassée d’en faire autant, moi qui ai pris des leçons des meilleurs professeurs de chant. Comment vous appelez-vous ?

— Phœbé Moore.

— Eh bien, Phœbé, je m’ennuie toute seule au salon ;