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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/21

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ROSE ET PHŒBÉ.

Rose, oubliant son chagrin, se mit à rire aussi comme un joyeux écho et se leva vivement.

« C’est un oiseau moqueur, — se dit-elle, — ou peut-il être ? »

Elle courut à la porte du jardin, puis à celle de la cour. Rien. Le chant venait de l’intérieur de la maison.

« Est-ce qu’il serait dans la salle à manger ? » fit Rose tout étonnée.

Elle entra très doucement ; mais elle ne vit aucun autre oiseau que les colombes en chêne sculpté, qui, depuis plus d’un siècle, se becquetaient sur les panneaux du grand bahut.

« C’est trop fort ! s’écria l’enfant. Il est Là, cependant, car je l’entends encore mieux que tout à l’heure… Ah ! il est dans la cuisine… Pas de bruit, ou il s’envolera !… »

Malgré les précautions infinies qu’elle prit pour ouvrir la porte de la cuisine, l’oiseau effarouché se tut aussitôt, et Rose n’aperçut plus qu’une fillette en robe d’indienne et en grand tablier bleu, qui, les bras nus jusqu’aux coudes et la robe relevée par deux épingles, frottait vigoureusement le plancher avec une brosse et du savon noir.

« Avez-vous entendu ce drôle d’oiseau ? lui demanda Rose. Savez-vous son nom ?

— On l’appelle Phœbé, répondit la petite fille avec un sourire plein de malice.

Phœhé ? répéta Rose. Je n’ai jamais entendu parler d’un oiseau de ce nom. Quel dommage qu’il soit parti ! Il chantait si bien !