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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/20

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LA PETITE ROSE.

À force de se mettre l’esprit à la torture pour procurer des amusements à leur nièce, les pauvres tantes crurent enfin avoir trouvé ce qu’elles cherchaient ; mais elles se gardèrent bien d’en parler à Rose. Ce moyen infaillible de distraction pouvait fort bien ne pas être de son goût. Ce n’était ni plus ni moins que de charger les cousins de Rose, — au nombre de sept, — d’amuser leur petite cousine. Ah ! si les chères vieilles demoiselles avaient su combien leur nièce détestait les garçons, jamais elles n’eussent mis à exécution une pareille idée ! N’en sachant rien, elles envoyèrent à leurs neveux une invitation dans les règles pour le samedi suivant, jour de congé.

Ce même samedi, Rose, qui ne se doutait guère de ce que l’on tramait contre son repos, était, ainsi que nous venons de le dire, toute seule au salon et en proie à un de ses accès de mélancolie.

Elle n’avait pas encore eu le temps de verser une seule larme, qu’un bruit singulier vint subitement changer le cours de ses idées.

Elle se redressa dans son fauteuil et prêta l’oreille. Qu’était-ce donc ? Seulement un chant d’oiseau ; mais cet oiseau était extraordinairement doué, car son gazouillement devint successivement un sifflement perçant et un roucoulement plaintif. Sa voix passait sans effort des notes les plus graves aux notes les plus aiguës. C’étaient des trilles à n’en plus finir, puis une sorte de doux ramage qui se termina brusquement par un éclat de rire harmonieux.