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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/181

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voix si douce que ses cousins eurent peine à croire que ce fût la même qui leur avait si bien dit un quart d’heure avant : « Sortez tous ! »

Rose parut sur le seuil de la porte. Les jeunes gens était prêts à faire amende honorable ; mais elle n’eut pas l’air de voir leurs mines contrites. Toujours aussi froide et réservée, elle s’assit devant la table à ouvrage, enfila gravement une aiguille de soie verte, et se mit en devoir de réparer les dégâts causés par les mûres de Jamie. Les coupables n’osaient souffler mot. Le silence commençait à devenir embarrassant. Charlie eut l’idée de tourner la chose en plaisanterie ; il se jeta aux pieds de Rose et frappa sa poitrine à grands coups en répétant lamentablement :

« Mea culpa ! mea maxima culpa ! Pardonnez-moi, cousine, je serai sage. »

Rose n’eut pas même un sourire.

« Ce n’est pas à moi qu’il faut demander pardon, dit-elle, c’est à ce pauvre Mac, à qui vous avez fait beaucoup de mal avec votre tapage, vos fenêtres ouvertes et vos paroles saugrenues ! Cela a-t-il le sens commun de venir parler de crochet et de lawn tennis devant un malade !

— Croyez-vous vraiment que nous lui ayons fait du mal ? demanda Archie avec émotion.

— Je le crains. Il a la migraine et ses yeux sont rouges comme… (Rose chercha autour d’elle un terme de comparaison) comme cette pelote, » ajouta-t-elle en leur montrant une pelote d’un rouge écarlate.

Stève fit semblant de s’arracher les cheveux, Charlie