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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/178

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bel état ! Avec les meilleures intentions du monde, les garçons avaient fait tout le mal possible. Était-ce bien la cette chambre que Rose avait laissée si fraîche et si bien rangée ? Les rideaux étaient relevés, la fenêtre ouverte, l’atmosphère lourde et embrasée, les chaises renversées ; des mûres roulaient dans tous les coins ; c’était un vacarme assourdissant. Will et Georgie, aidés de Jamie, poursuivaient à grand cris les petits chiens qui jappaient à qui mieux mieux. Charlie et Archie parlaient avec animation d’un coup douteux de leur partie de crochet, tandis que Mac, son garde-vue posé de travers, les joues en feu et la voix irritée, se disputait avec son frère Stève, à propos d’un de ses livres auquel celui-ci prétendait avoir droit puisque Mac ne pouvait plus s’en servir.

« C’est du joli ! s’écria Rose, saisie d’indignation. Sortez tous ! » ajouta-t-elle d’un ton de reine offensée.

Le silence se fit comme par miracle, et les intrus obéirent à Rose avec une précipitation qui l’eût bien amuser en tout autre circonstance. Will et Georgie, précédés de Jamie et traînant avec eux leurs deux malencontreux toutous et le panier de mûres aux trois quarts vide, coururent tout d’une haleine jusque chez leur mère. Les autres se bornèrent à se réfugier dans la chambre voisine de celle de Mac. Là, ils se regardèrent très penauds et résolurent d’un commun accord d’attendre le moment propice pour présenter leurs excuses à la maîtresse de céans. Par la porte entrouverte, ils observaient cette petite Rose qu’ils avaient si longtemps traitée en enfant et qui venait tout à coup de se révéler sous un aspect si différent. Sans