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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/176

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ralisé à la suite d’une visite de condoléance du clan des Campbell.

La petite fille était passée garde-malade en chef ; ses cousins n’en revenaient pas de voir Mac préférer ses services aux leurs.

« Ce pauvre Mac est devenu une vraie poule mouillée. Quel plaisir peut-il trouver dans la société continuelle d’une fille ! » disaient-ils entre eux ; mais, au fond, ils reconnaissaient avec componction que Rose était très utile à leur cher malade et qu’elle, du moins, n’avait rien à se reprocher vis-à-vis de lui.

C’était pendant la longue maladie de son père que Rose avait appris ce métier de garde-malade dont elle s’acquittait si bien. Dans ce cas particulier, son extrême jeunesse la rendait plus précieuse encore. Tante Juliette finit par lui abandonner les rênes du gouvernement, et elle régna sans partage dans la chambre de Mac. Une grande amitié s’établit peu à peu entre les deux enfants. Autrefois, Mac, absorbé par ses livres, se souciait peu de sa cousine, et, de son côté, Rose avait moins de sympathie pour lui que pour les autres garçons, car il n’était ni prévenant comme Archie, ni beau et spirituel comme Charlie, ni gai comme Stève, ni amusant comme les inséparables Will et Georgie, ni affectueux comme Jamie. Elle le jugeait brusque, gauche, embarrassé, distrait, et d’une telle franchise qu’il en devenait presque impoli. Mais en le voyant de près pendant sa maladie, elle changea d’avis. Elle seule était témoin de ses accès de désespoir et savait ce qu’il fallait de force d’âme au pauvre Mac pour se mon-