Ouvrir le menu principal

Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/170

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Ah ! je comprends votre désespoir, mais calmez-vous, je vous en conjure ! »

Elle le souleva de force et écarta son bandeau humide de larmes. Pauvre garçon ! être aveugle, quelle perspective !… En sa qualité d’homme fort, quoique touché au fond de la sympathie de sa cousine, il ne l’en remercia aucunement ; son amour-propre souffrait de ce qu’elle l’avait vu pleurer. Il essaya de plaisanter :

« Les yeux malades sont toujours larmoyants, dit-il, en avançant le bras pour essuyer avec la manche de sa veste les traces par trop visibles de son émotion.

— Non, non, s’écria Rose éperdue, frotter vos yeux contre du drap, y pensez-vous ? Étendez-vous tranquillement et attendez-moi. Je reviens à l’instant. »

Mac obéit docilement aux ordres de sa garde-malade, qui reparut presque aussitôt avec un petit linge de fine batiste et de l’eau fraîche, parfumée de lavande.

« Mes yeux me brûlent terriblement, dit Mac, pendant que sa cousine les lui bassinait. Vous ne direz à personne que j’ai fait l’enfant comme cela, n’est-ce pas ?

— Pour qui me prenez-vous ? fit Rose en se redressant, je n’ai pas l’habitude de rapporter.

— Suis-je assez bébète ! continua Mac.

— Tout le monde en aurait fait autant à votre place, s’écria Rose. Je trouve, au contraire, que vous avez beaucoup de courage, et je suis sûre que, si vous avez autant de patience, vous serez bien plus vite guéri que le docteur ne le pense. D’ailleurs, pourquoi vous affliger tant de ce que vous ne pourrez pas étudier ? Nous vous trouverons