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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/168

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« Quand ? répéta Mac d’une voix brusque et pleine d’émotion.

— Pas avant longtemps.

— Mais encore ?

— Pas avant plusieurs mois, un an, peut-être.

— Un an ! Et moi qui comptais entrer l’année prochaine à l’Université !

— Vous avez bien le temps, dit Rose, les larmes aux yeux.

— J’en ai assez d’être en prison jour et nuit, s’écria Mac en donnant un grand coup de poing au coussin brodé qui lui servait d’oreiller. Les médecins ne savent pas ce qu’ils disent ; je ne veux plus leur obéir ! et je veux sortir d’ici ! »

Et d’un brusque mouvement, Mac enleva son bandeau et courut vers la fenêtre. Le pâle rayon de lumière qu’il aperçut était encore trop fort pour ses pauvres yeux. Il recula instinctivement et se laissa tomber sur le sofa en se cachant la figure dans les deux mains.

« Mac, lui dit Rose, d’une voix émue, avec une intonation presque maternelle — comme son cœur battait cependant ! — mon cher Mac écoutez-moi : tout cela est bien dur, bien triste, et vos amis en souffrent autant que vous ; mais c’est un peu votre faute ; rappelez-vous combien de nuits vous avez passées à lire, combien souvent vous avez abusé de votre vue ! Et maintenant que cela vous serve de leçon ! Il ne s’agit pas de recommencer de nouvelles imprudences : obéissez scrupuleusement au docteur Smith, si vous ne voulez pas… »