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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/167

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« Arrêtez ! dit-il. Je n’entends pas un traître mot de ce que vous dites. On me cache quelque chose, je veux savoir quoi ! »

Rose soupira tout bas. À sa dernière visite, l’oculiste avait déclaré que Mac deviendrait aveugle s’il s’écartait de son régime. Personne ne pouvait se résoudre à annoncer au pauvre malade cette cruelle vérité ; son père et sa mère n’avaient pas le courage de lui faire cette révélation. Comptaient-ils pour cela sur Rose ?

« écoutez-moi bien, continua Mac, je ne veux pas de faux-fuyants. Dites-moi la vérité, toute la vérité; il le faut.

— Mais...

— Point de mais. Si vous ne répondez pas immédiatement, j’enlève mon bandeau. Êtes-vous décidée ?

— Oui, oui, dit la fillette épouvantée, je vous dirai tout ce que je sais.

— Eh bien, je suis sûr que le médecin m’a trouvé plus malade avant-hier. Est-ce vrai ?

— Oui, répondit Rose, d’une voix à peine distincte.

— Pense-t-il que je pourrai retourner en classe à la rentrée ?

— Non, dit Rose encore plus bas.

— Ah ! » fit Mac en palissant.

Puis, surmontant son désappointement, il demanda, non sans courage :

« Quand pourrai-je reprendre mes études ? »

Combien il était difficile de répondre à une pareille question ! Rose tremblait comme la feuille.