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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/145

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CHAPITRE IX


le sacrifice de rose


Comme l’avait prédit le prince Charmant, les divertissements ne manquèrent pas dans l’île des Campbell. Du matin au soir, la journée du lendemain fut un long éclat de rire : il y eut d’abord un déjeuner mutinal suivi d’une partie de pêche, puis un bain général, pendant lequel la tribu des Homards se couvrit de gloire, et où elle se serait attardée indéfiniment sans la confection du chowder, qui réclamait leur présence.

Mme Jessie et son petit Jamie restaient prudemment auprès du rivage ; mais l’oncle Alec était un nageur émérite s’il en fut jamais, les garçons rivalisaient de tours de force, et Rose apprit à faire la planche, non sans boire un peu plus d’eau de mer qu’elle ne l’eût souhaité.

La petite fille semblait prendre part à tous ces jeux avec une sorte d’avidité, comme si elle craignait de perdre la moindre parcelle de cette journée de bonheur. On eût dit qu’elle oubliait qu’elle avait encore devant elle un troisième jour semblable.