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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/141

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faire sa cuisine soi-même, dit la petite fille en trempant ses assiettes dans la mer.

— Si petite mère n’était pas là, fit Georgie, nous nous contenterions de passer nos assiettes dans le sable et de les essuyer avec un torchon, cela eut été encore plus vite fait.

— Mais moins bien, répliqua la proprette petite Rose. Phœbé n’aimerait pas cette méthode imparfaite de lavage, s’écria-t-elle. Pourquoi mon oncle ne l’a-t-il pas emmenée ?

— Il y a bien pensé, dit Will, mais Debby était ce matin d’une humeur massacrante, et, au premier mot qu’il lui en a dit, elle a répondu qu’on avait besoin de Phœbé à la maison. Pour moi, je regrette sincèrement que Phœbé ne soit pas ici.

— Pauvre Phœbé, murmura Rose, elle travaille plus que nous tous, et elle n’a jamais un jour de vacances, ce n’est pas juste ! »

Ce regret lui revint à plusieurs reprises dans le cours de la soirée. Phœbé aurait si bien fait sa partie dans les jeux ! Sa voix merveilleuse manquait pour les solos des chœurs ; son rire harmonieux eût accompagné mieux que tout autre les bons mots et les saillies des cousins ; personne ne savait comme elle deviner les énigmes, et avec quel plaisir elle eût écouté les histoires des naufrages de l’oncle Alec ! C’eût été une fête pour elle de coucher sous la jolie tente en coutil gris à raies rouges.

Tout le monde dormait depuis longtemps, que Rose n’avait pas encore fermé l’œil. Elle tournait et retournait une idée dans sa tête. Enfin, lasse de ne pas dormir et