Ouvrir le menu principal

Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/130

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Phœbé, elle n’avait plus l’apparence chétive d’autrefois ; ses yeux brillaient de santé, et sa ceinture de soie bleue n’était plus trop large. Personne ne lui parlait jamais de sa constitution délicate, elle ne songeait pas à s’en inquiéter, et elle ne prenait que les trois grands remèdes de l’oncle Alec ; l’eau, l’air et l’exercice.

Tante Prudence disait à qui voulait l’entendre que les pilules du docteur avaient guéri Rose ; mais, comme la petite fille n’avait jamais pris que l’unique boîte de pilules que nous avons vu préparer par son oncle, nous savons à quoi nous en tenir à ce sujet.

Une pivoine, lancée par une main invisible, vint tomber toute fraîche de rosée aux pieds de Rose.

« À quoi songe ma petite reine dans son jardin suspendu ? demanda la voix de l’oncle Alec.

— À ce que je pourrais faire d’extraordinaire aujourd’hui, répondit Rose. Ce beau temps me donne des impatiences dans les jambes.

— Voulez-vous venir faire un tour dans l’île des Campbell ? répondit le docteur. Je comptais vous y mener cette après-midi ; cela ne fera qu’avancer mes projets de quelques heures.

— Je veux bien, je veux bien ! s’écria Rose. Je serai prête dans un quart d’heure, le temps de bâcler ma chambre, car Phœbé a trop d’ouvrage pour que je la lui laisse à finir. »

Elle saisit les tapis et disparut dans les profondeurs de la chambre, tandis que l’oncle Alec s’éloignait en se disant :