Ouvrir le menu principal

Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/129

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


comme de l’or en fusion ; des mouettes aux ailes blanches voltigeaient au-dessus de l’Océan parsemé de navires, qui, avec leurs voiles déployées, semblaient eux-mêmes de gigantesques oiseaux de mer. Une brise légère agitait les feuilles du grand marronnier en fleur, et des myriades de papillons et d’insectes tourbillonnaient autour des plates-bandes fleuries.

« Oh ! Phœbé, quelle splendide journée ! s’écria Rose. Je voudrais que votre beau secret fût pour aujourd’hui. J’ai une envie folle d’avoir « du bon temps. » Êtes-vous quelquefois comme cela ?

— Très souvent, mais cela ne m’empêche pas de faire mon ouvrage en attendant. Là ! j’ai fini de balayer ! Quand la poussière sera tombée, vous pourrez essuyer les meubles. Moi, je vais balayer l’escalier. »

Phœbé prit la pelle et le balai et partit en chantant.

Rose, restée seule, se prit à considérer combien de bon temps elle avait déjà eu depuis l’arrivée de son tuteur. Il avait changé sa vie ; ses journées se partageaient entre le jardinage, les leçons de natation, les promenades à pied ou en voiture, et de bonnes heures de causerie et d’étude. Au milieu de tant d’occupations agréables, que devenait son vieil ennemi, l’ennui ? Il était loin, et elle ne le redoutait plus ; elle travaillait et s’amusait du matin jusqu’au soir, dormait tranquillement sa nuit entière et se sentait heureuse et chérie autant que possible. Ah ! qu’il faisait donc bon vivre dans cette chambre ensoleillée où le docteur l’avait mise ! Aussi comme Rose justifiait son nom ! Sans être encore aussi robuste que