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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/106

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hâta d’aller se cacher dans un coin entre un dieu de porcelaine jaune et un dragon vert pour échapper aux regards curieux du jeune Fun-See ; mais celui-ci la suivit dans sa retraite et se percha en face d’elle, sur une grande caisse de thé, d’où il la regarda avec autant de curiosité et d’intérêt qu’elle pouvait en avoir elle-même à le contempler.

La pauvre Rose rougit sous ce regard qui ne la quittait pas, et, quoique, dans un aparté, son oncle lui eût raconté pour l’enhardir que Fun-See était venu finir son éducation aux États-Unis, qu’il ne savait que quelques mots d’anglais, et qu’elle, Rose, serait bien gentille de mettre à son aise le jeune étranger, l’embarras de la petite fille ne fit qu’augmenter. Il est vrai que faire connaissance dans de pareilles conditions n’était pas chose facile. Fun-See, toujours dans la même position, branlait la tête comme un mandarin de porcelaine ; Rose dut se mordre les lèvres pour ne pas éclater de rire.

Enfin, l’oncle Mac eut pitié des deux enfants. Il appela le petit Chinois, lui dit quelques mots à l’oreille et le renvoya auprès de Rose avec une grande boîte.

Qu’allait-il sortir de tous ces papiers de soie que Fun-See déployait avec tant d’adresse ? Ce fut d’abord une théière représentant un habitant du Céleste Empire ; son grand chapeau formait le couvercle de la théière, sa natte recourbée servait d’anse, et le thé devait s’écouler par la pipe que tenait à la bouche ce singulier personnage.

Cette grosse figure placide et souriante ressemblait d’une manière si frappante à Fun-See lui-même, que