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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/105

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Sans la présence de ces deux « indigènes » qui l’intimidaient quelque peu, Rose se fût trouvée parfaitement heureuse dans cette cabine remplie de curiosités. Elle fut assez désappointée au premier coup d’œil : M. Whang-Lo était un homme d’un âge mûr qui avait abandonné le costume de son pays et était vêtu comme le premier Américain venu ; il avait conservé sa peau jaune et ses cheveux huileux, c’était tout, car sa longue queue avait été roulée autour de sa tête, et il causait affaires avec l’oncle Mac presque sans le moindre accent. En un mot, M. Whang-Lo ressemblait aussi peu que possible à l’idéal que Rose s’était forgé d’un Chinois. Mais l’autre, le jeune garçon, Fun-See, offrait le type mongol le mieux réussi. Il était curieux à voir depuis la pointe de ses souliers recourbés par le bout, jusqu’au sommet de son chapeau en forme de pagode. Rien ne lui manquait : ni les robes de soie superposées, ni le large pantalon aux vives couleurs. Il avait les yeux obliques, les cheveux nattés en une longue queue, et la peau jaune comme un citron. Il était Chinois jusqu’au bout de ses ongles, qui étaient, pour le dire en passant, d’une longueur démesurée ! Quoiqu’il fût encore tout jeune, presque enfant, on aurait été tenté, par moments, de lui donner le même âge qu’à son compagnon. Il était petit et trapu et se dandinait en marchant à la façon des poussahs. On eût dit à le voir qu’une des figures chinoises peintes sur les paravents et les potiches de l’oncle Mac s’était détachée vivante de son cadre.

Rose observa en un clin d’œil tous ces détails, et se