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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/104

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— Comme il vous plaira, Rosette. Gouvernez vers ce navire : le Rajah. C’est là le but de notre course. »

La Belle-Rose entra dans le port. Que de mouvement ! Avec un petit effort d’imagination, Rose pouvait se croire en réalité en pays étranger. Un mélange confus d’idiomes frappait ses oreilles ; elle respirait des odeurs encore plus étranges, et c’est à peine si elle se reconnaissait dans ce va-et-vient incessant de chaloupes et de marins et dans ce tohu-bohu de robustes portefaix, qui chargeaient et déchargeaient les vaisseaux avec un fort grincement de cordes et de poulies des grues qu’ils manœuvraient.

« Eh bien, Rose, dit l’oncle Alec en mettant le pied sur le Rajah, maintenant que vous n’avez plus peur de l’Océan, cela vous irait-il de faire le tour du monde avec moi ?

— Oh ! oui, mais pas sur ce vaisseau-là ; il sent bien trop mauvais ! Pour voyager, il nous faudrait, comme disait Charlie l’autre jour, un beau yacht élégant, propre et confortable.

— Si vous n’aimez ni l’odeur du goudron, ni celle de l’Océan, s’il vous faut à vous et à Charlie un bateau de plaisance pour vos voyages, vous n’êtes ni l’un ni l’autre de vrais Campbell, » répliqua le docteur.

Puis il ajouta en la conduisant dans la cabine particulière de l’oncle Mac :

« À présent, figurez-vous que nous sommes arrivés à Hong-Kong ou à Canton, et que vous foulez le sol du Céleste Empire. Voici déjà les Chinois. »