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Page:Alcott - La Petite Rose ses six tantes et ses sept cousins.djvu/100

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demoiselles Power, et Rose avouait naïvement qu’elle préférait de beaucoup la méthode de son oncle.

Elle plia sa tapisserie et la déposa dans sa corbeille à ouvrage.

« Quelle est cette nouvelle ordonnance ? demanda-t-elle gaiement.

— L’eau de mer. Cela vous déplaira peut-être au premier abord, mais vous vous y habituerez.

— Comment la prendrai-je ?

— Vous le verrez tout à l’heure. Commencez par remplacer votre robe par le petit costume marin que la couturière vous a envoyé hier.

— Il fait encore trop froid pour prendre un bain, se dit-elle, et puis il n’y a pas assez longtemps que nous avons fini de déjeuner ; ce doit être une promenade sur l’eau. Dieu que j’ai peur de ces affreux bateaux !…

— Je vais aller vous attendre sur la grève, continua le docteur. Dépêchez-vous, ma mignonne.

— Oui, mon oncle, » répondit Rose d’une voix légèrement étranglée.

Elle se hâta d’endosser le costume en question, qui était en étoffe de laine bleu foncé, orné de tresses blanches et ne craignant ni le soleil ni l’eau de mer. Le petit chapeau de toile cirée, garni d’un ruban aux longs bouts flottants terminés par des ancres dorées, faisait le bonheur de la fillette, qui oublia ses craintes en le contemplant.

Un coup de sifflet la rappela à l’ordre. Elle saisit ses gants, descendit vivement l’escalier, traversa le jardin