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Page:Albanès,Les mystères du collège,1845.djvu/78

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MYSTÈRE

Un mouvement se fait dans le collège ; c’est l’inspecteur qui sort de chez le proviseur, lequel l’accompagne. Un domestique porte une table, un autre un tapis vert, un troisième papier, plume, écritoire. La porte d’une classe s’ouvre : la table y est posée et recouverte de son tapis. Aussitôt l’inspecteur entre

                                        Marchant à pas comptés,
              Comme un recteur suivi des quatre facultés.

Le professeur va au-devant de lui, ils échangent quelques mots à voix basse sur les élèves, leur nombre, leurs qualités, leur savoir ; puis il s’assied et fait réciter quelques leçons. Après ce début il dit : Que savent vos élèves ?

LE PROFESSEUR. — Mais nous avons vu une partie de l’Énéide, quelques Épîtres de Boileau, le Petit Carême de Massillon.

L’INSPECTEUR. — Oh ! mon Dieu, je suis venu ici comme par l’effet du hasard ; il est juste et naturel que je me borne à leur demander quelques mots de la leçon du jour. Donnez-moi la liste des noms, je vous prie.

LE PROFESSEUR. — La voici.

L’INSPECTEUR, après l’avoir parcourue : — Monsieur Palotte, récitez-moi votre Virgile.

LE COLLÉGIEN PALOTTE. — Il se lève d’un air embarrassé et pousse le coude d’un camarade, ce qui veut dire souffle-moi. Il commence :