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Page:Albanès,Les mystères du collège,1845.djvu/73

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DU COLLÈGE.

brisé plus d’une fois, ce qui, au retour, occasionna toujours ce qu’on appelle une giboulée dans le ménage.

Ô mécompte ! Traduire du grec et du latin toute la semaine et s’amuser ainsi le dimanche !

Mais on va rentrer au logis, et là un bon dîner est préparé. Ouiche, compte là-dessus ! Un correspondant comme celui-là donner un bon dîner ! Il préférerait la pendaison… de ceux qui tenteraient de le lui agripper.

Ce correspondant-là promet le spectacle au collégien, mais ne l’en régale jamais… il écrit sur son agenda et très-lisiblement : Ce sera pour la première fois. Ceci nous rappelle ce barbier qui avait fait mettre au-dessus de sa boutique : Ici on rasera gratis demain… Vous devinez, que d’attrapés ! — Oh ! c’est que M. Carlogne est rusé, voyez-vous !

Cependant M. Carlogne se délecte quand il parle d’une certaine réception qui doit avoir lieu chez lui. L’époque n’en est pas fixée, mais pour ce jour-là le correspondant fera sortir le collégien qui lui est confié. Il faut saisir toutes les occasions de le distraire, de l’amuser.

Le jeune homme, quand M. Carlogne lui parle de cette fête secoue la tête, et dans ses yeux on lit qu’il est, à l’égard de son correspondant, d’une incurable incrédulité.

« M. Carlogne, se dit-il, recevoir du monde, et le bien traiter ? allons donc ! pas possible. Je croirais aux miracles, et on n’en fait plus. Au reste, c’est à l’œuvre que je l’attends. Ce jour-là son avarice sera dans toute sa splendeur ; comme