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Page:Albanès,Les mystères du collège,1845.djvu/58

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MYSTÈRES

des plus profonds génies de l’antiquité… ce qui n’empêche pas le moins du monde qu’ils les aient envoyés nombre de fois à tous les diables… avec prière qu’ils y restent.

Mais, en attendant le moment du départ définitif, les grands continuent de s’occuper de ce qui se passe extra-muros.

« Tu as été au spectacle, Edmond, la dernière fois que tes parents ont obtenu que tu ne rentrasses que le lendemain matin ?

— Oui. Ah ! à ce propos que je vous fasse rire. Un acteur parlait un peu bas ; ce qu’on appelle un titi du paradis crie : Plus aut ! La gaieté est à son paroxysme dans le parterre. Un plaisant, très-spirituel du reste, crie à son tour : Silence, messieurs ! Puis, s’adressant à l’individu du paradis : Mais vous voyez bien que pour entendre vous êtes trop aut. Et comme bien vous le pensez, le parterre, toute la salle enfin, éclatèrent.

— Nous le comprenons, s’écrièrent-ils tous.

— Ah, bien ; puisque nous en sommes sur les anecdotes plaisantes, dit Jules, écoutez un peu.

Le jour de ma dernière sortie, au lieu de suivre la rue Saint-Denis jusqu’au bout, il me prend envie, arrivé au marché des Innocents, de le traverser entièrement. Voilà qu’étant au beau milieu, mes yeux se fixent comme par hasard sur une marchande entre deux âges et d’une carrure fort honnête, et, sans trop savoir pourquoi, je me pris à rire, ce qui lui déplut fort. « Veux-tu bien te sauver, petit merluchon… mais tu sens encore le lait dont t’at été nourri… Tu ris…