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Page:Albanès,Les mystères du collège,1845.djvu/57

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DU COLLÈGE.

causent de ce qu’ils ont vu et observé les jours de leur sortie, des livres nouveaux qu’ils ont pu se procurer, des pièces de théâtre qui ont réussi, des acteurs et actrices en réputation, et puis enfin des modes. On les critique, on les approuve ; « Moi, s’écrie l’un, j’approuve beaucoup les pantalons ajustés ; cela vous dessine un homme à merveille et lui donne une tournure d’une élégance… — Oui certainement, répond un autre, et pourvu que l’on ait avec cela des bottes vernies et faites par Sakoski.

Survient un petit espiègle, qui s’est glissé comme par fraude dans ce groupe de grands, et qui s’écrie : « Comment, messieurs, vous vous occupez de modes, mais ne sauriez-vous donc pas que

Les modes sont certains usages
Inventés par les fous et suivis par les sages ?

— Eh bien ! qu’est-ce qui te dit, moutard, que nous les inventons ?

— Moutard ! Ah ! en voilà d’une autre, par exemple… » Et en même temps il lance sa toupie. « Tenez, regardez-moi ça, voilà qui sera toujours de mode. »

On le voit, les collégiens que l’on appelle les grands usent leur dernier habit et vont bientôt se lancer sur une autre scène où une nouvelle étude commencera pour eux, celle des hommes, et qui n’est pas plus facile qu’une traduction d’Horace ou de Tacite, l’un, homme d’un esprit infini, l’autre, l’un