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Page:Albanès,Les mystères du collège,1845.djvu/54

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MYSTÈRES

la balle cavalière, tout cela prend son rang dans le répertoire, où chacun puise selon son goût.

Et les billes, les fameuses billes, les célèbres billes ! qu’en dirons-nous ? Ce que nous en dirons ! qu’elles font battre le cœur de tout jeune collégien, qu’une partie de billes gagnée par lui cause plus de plaisir à son âme que dut en éprouver celle de César après qu’il eut traversé le Rubicon, et celle de Napoléon à Austerlitz… Chacun prend son plaisir où il le trouve.

Et puis, César et Napoléon ont dû adorer la tapette, le triangle, le quatre-vingt-dix ou le pot, le pair ou non, et la classique bloquette ! Alcibiade enfant jouait bien aux osselets ; César et Napoléon ont bien pu jouer à… pair ou non.

Chez le tout jeune collégien, aux billes vient se joindre un célèbre jeu, celui du berger ; aussi, dans ce qu’on appelle le petit collège, la cour retentit souvent de ces mots : Zut au berrrrrrger ! Alors tout est en branle, le collégien est enveloppé dans son bonheur, l’univers est là où il est… c’est- à-dire dans la cour du collège. Ah ! si dans un moment pareil on venait lui parler de son rudiment, il vous répondrait : Je n’entends pas le chinois… laissez-moi donc. Zut au berrrrrger !

Au milieu de toutes ses heureuses folies, le collégien ne perd pas la carte ; pour ses jeux, il observe les saisons et ne va pas en plein été se livrer à un violent exercice, et se tenir tranquille et les mains dans les poches en plein hiver. Industrieux