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Page:Albanès,Les mystères du collège,1845.djvu/42

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MYSTÈRES

— Diable ! c’est étonnant, » ajouta le professeur, dont la vue ne pouvait rien distinguer à quelques pas devant lui.

Mais un sourd bourdonnement se fait entendre. On entend de tous côtés : il faut les rendre, il faut les rendre !

Si malice et bonté ne sont point incompatibles, c’est sur la gibecière des collégiens que l’on pourrait incruster ces mots. Les lunettes furent adroitement placées sur la table du professeur… Mais s’il a la vue basse, il a l’oreille diablement fine… il se douta de l’espièglerie ; disons mieux, il la devina.

Que fit-il ? rien. Il aimait ses élèves et en était aimé. Et puis, il avait été collégien.

C’est une position grave que celle d’un professeur en face de jeunes hommes qui commencent, comme on dit, à se sentir vivre. Il faut apporter beaucoup de circonspection dans les questions qu’on leur adresse.

Un ancien professeur, occupant aujourd’hui un poste des plus éminents, adressait, à ce qu’on appelle au collége un grand, une question à laquelle il eût peut-être été fort embarrassé de répondre lui-même.

« Monsieur, lui dit-il, avec quelle matière ont été construites les murailles de la Chine ? (Le professeur, après avoir parlé, brandille sa jambe en signe de contentement de lui-même.)

L’ÉLÈVE. — Mais, monsieur, je ne saurais sans préparation, sans recherches assez grandes, répondre.

LE PROFESSEUR. — Vous ne connaissez pas l’histoire ?

L’ÉLÈVE, se recueillant de plus en plus et se parlant à lui-