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Page:Albanès,Les mystères du collège,1845.djvu/40

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MYSTÈRES

chaire du professeur, et au moyen d’une ficelle fixée au pantin, et qui correspond à son pied, il le fait danser à ravir, pendant que le professeur l’interroge. Le jeune audacieux répond tout de travers à ce qu’on lui demande, et la classe entière étouffe des éclats de rire. Le professeur croit bonnement que l’on se moque du pauvre enfant, et s’écrie : « Messieurs ! c’est mal, très-mal de se moquer ainsi. » Mais on rit plus fort… Le pantin avait redoublé d’ardeur dans ses évolutions. Enfin le professeur n’y tenant plus, sort de sa chaire pour admonester un petit gaillard qui riait plus fort que tous les autres… Grand Dieu, que voit-il ? ô désolation ! qu’il avait été dupe, et que la classe était métamorphosée en un théâtre de marionnettes.

Alors on ne rit plus ; le professeur, courroucé, va prononcer une terrible sentence. En effet, Francisque fut mis au cachot et les autres condamnés au pain sec… Et le pantin ? Ah ! ma foi, on assure que le professeur le mit soigneusement dans sa poche et qu’il s’en est amusé longtemps avec son plus jeune enfant.

Être miope et rempli de mérite sont deux choses qui, malheureusement, ne se rencontrent que trop souvent.

Un professeur d’un collège de Paris est dans ce cas.

Un jour que nous avions trouvé le moyen d’arriver près de sa classe, nous y avons remarqué une malice collégienne dont le professeur, nous garantissons le fait, a beaucoup ri lui-même… hors la classe, s’entend.