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Page:Albanès,Les mystères du collège,1845.djvu/33

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DU COLLÈGE.

n’est-ce pas ? Nous en ferons un beau chapitre, va, et nous lui donnerons pour titre, ENNUI DE SIX SEMAINES. »

De tous côtés se forment des groupes et des conversations du même genre.

Petit à petit, le visage chagrin de ceux qui ont passé six semaines sous l’aile maternelle se ranime, quelques jeux s’organisent, le collège reprend son entrain accoutumé, et l’on arrive ainsi au lendemain matin, le grand jour, celui où tous les collégiens sont réunis dans la chapelle pour assister à la messe du Saint-Esprit, cérémonie en usage de temps immémorial.

La reprise des études n’est séparée de cette cérémonie que par une récréation ; mais, mon Dieu, qu’elle paraît courte !

Hélas ! hélas ! immédiatement après elle, les portes des classes, celles des études s’ouvrent, et, moment cruel et cuisant ! il faut reprendre en main Lhomond, Burnouf, racines grecques, Epitome, De Viris, Virgile, Horace, Homère… et tout le bataclan de l’antiquité grecque et romaine… Ah grands génies, nous vous donnons et de bon cœur à tous les diables !… Oui, et deux ou trois ans après votre sortie du collège, vous aurez dans vos poches un Horace et un Virgile, et peut-être ferez-vous comme Alexandre, qui ne s’en allait pas en guerre sans qu’Homère fit partie de son bagage.