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Page:Albanès,Les mystères du collège,1845.djvu/21

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DU COLLÈGE.

monarques. Napoléon lui donna en 1802 le titre de lycée impérial.

Alors tous les collèges reçurent le nom de lycée et prirent une allure nouvelle. L’habit bourgeois fit place à un uniforme presque militaire, et les jeunes gens qui le portaient auraient presque voulu que Napoléon y joignît l’épée.

Les cloches qui annonçaient l’heure du lever, de l’entrée en classe, l’heure du réfectoire, etc., furent supprimées, et le tambour, oui, le tambour, les remplaça.

Dieu, quelle joie c’était ! Une vie nouvelle commençait pour la jeunesse. Être lycéen, c’était être animé d’un souffle napoléonien, mais tout change en ce monde ; 1814 vit disparaître l’uniforme ; 1814 a brisé vos tambours et vos cœurs, et les lycées sont redevenus collèges.

Il vous fallut donc prendre l’habit de ville et substituer au chapeau à cornes le chapeau rond, cette lune de feutre.

Il fallut vous habituer à entendre la cloche, cette musique de couvent qui va droit au cœur en agaçant les nerfs et en vous brisant le tympan.

Mais c’est que, voyez-vous, on craignait alors que vous ne devinssiez trop militaires, et cela aurait pu avoir de très-graves conséquences ; les proviseurs ne se seraient pas crus en sûreté, les professeurs auraient demandé d’être as-