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Page:Albanès,Les mystères du collège,1845.djvu/18

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MYSTÈRES

moins de collégiens que nos sept collèges d’aujourd’hui, auxquels affluent presque toutes les pensions de la capitale…

Vous le voyez, c’est de plus fort en plus fort. Diable de Charlemagne, de quoi s’est-il avisé !

Tous ces collèges, comme vous le pensez bien, n’ont pas eu une égale célébrité ; quelques-uns sont restés dans notre mémoire, les autres sont oubliés. Ainsi soit-il. Que Dieu… ou leur père Charlemagne, si vous le préférez, ait leur âme !

Le plus ancien, celui dont les vieilles murailles sont fières, étonnées même d’être encore debout, c’est la fameuse et célèbre Sorbonne, qu’institua saint Louis en 1252. Robert Sorbon, son aumônier, lui en souffla la pensée, et soudain la lumière parut.

Que de terribles arguments ses docteurs ont poussés à leurs adversaires ! S’il leur arrivait de se reposer pendant quelque temps, soudain, comme le lion qui a dormi à regret, comme le volcan qui ne s’est refroidi que pour mieux éclater,


       Aux accents prolongés de l’airain monotone,
       S’éveillant en sursaut, la pesante Sorbonne
       Redemande ses bancs à l’ennui consacrés,
       Et les arguments faux de ses docteurs fourrés.


Maintenant le lion dort, ses dents sont tombées, ses ongles. il n’en a plus. Le volcan, il est froid, bien froid. Attendons et nous verrons.

Passons d’un défunt à un vivant, et bien vivant encore :