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Page:Albanès,Les mystères du collège,1845.djvu/158

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MYSTÈRES

suit ! La demoiselle de la maison, sur laquelle il avait des vues, voit le petit chapeau couleur de tabac d’Espagne avant toute chose, et elle se sauve dans la pièce voisine en étouffant une envie de rire. Avis aux pions qui ont des vues d’union.

Considéré au point de vue d’histoire naturelle, le pion offre plusieurs variétés. Il en est qui ne manquent pas d’une certaine tenue, d’une certaine prétention. Ceux-là croient fixer l’attention du beau sexe et être fort ingénieux dans leurs amours. Nous en connaissons un, M., qui va acheter de la pommade à la rose chez une mercière-parfumeuse de la rue de la Harpe, laquelle était devenue la dame de ses pensées. La contempler le plus longtemps possible, quand il fait des acquisitions, est pour lui le dernier degré du bonheur. Pour arriver à cette fin, que fait-il ? Admirez toute l’imaginative d’un pion amoureux ! Il fait mettre sa pommade par sa dulcinée dans une petite bouteille à gouleau très-étroit. Or, la difficulté grande qu’éprouve la dame à l’y faire entrer donne à l’amoureux le temps d’admirer, de dévorer ses charmes. Vite un brevet d’invention expédié de Cythérée à ce pion-là !

Parmi les pions, les uns sont mariés, les autres céliba-