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Page:Albanès,Les mystères du collège,1845.djvu/141

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longtemps à les rejoindre. » Il accepte. Notre pion, comme quelques hommes, est gratifié, par la nature, de jambes démesurées, de sorte que, quand il eut monté l’âne, ses jambes, hors ligne par leur dimension, touchent presque à terre.

Les deux individus (le pion et l’âne), suant sang et eau, rejoignent les fuyards. Mais voilà qu’aussitôt arrivés (toujours le pion et l’âne), cent voix s’écrient à la fois : « Mais regardez donc, mais regardez donc ! C’est absolument comme une bête à six pattes ! (L’âne, bien entendu.) »

Notre individu descend de sa monture. Son premier soin est de haranguer tous les jeunes gens rassemblés autour de lui ; mais voilà qu’au milieu de son discours, l’âne du pion, en signe de joie sans doute, se met à braire Hi han, hi han, hi han, de telle sorte, que la voix de l’orateur est tout à fait couverte.

Enfin, l’heure du retour est arrivée, on forme les rangs, on est en marche, bientôt on est de retour et l’on raconte à tous ceux qui goûtaient de la retenue, les merveilleuses aventures de la promenade. Ils ont ri et ri beaucoup. Collégiens libres et collégiens retenus devaient avoir leur part de cette joyeuse journée.