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Page:Albanès,Les mystères du collège,1845.djvu/139

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DU COLLÉGE.

voilà le petit nuage, le petit point noir dont nous avons parlé, qui paraît : c’est le pion, et juste au moment où le pauvre Firmin fendit son pantalon… Ce n’est ni sur le devant, ni sur le côté… Vous avez deviné où. Il se fâche tout rouge. Voyez ! Comment faire maintenant ? « Attendez, attendez, s’écrie le père Dubeau, qui était aussi accouru pour voir le dénicheur : j’ai plus d’une fois raccommodé mes culottes, je vais vous tirer d’affaire. » Aussitôt le père Dubeau tire de sa poche une aiguille qui n’avait pas moins de dix centimètres de long, puis prend un bout de bon gros fil blanc et, sous l’inspection du pion, il fait la couture avec vitesse et habileté. Les rieurs ont constaté jusqu’à six points dans la longueur de vingt centimètres. L’ouvrage terminé, le pion fait sa mercuriale. « Voyez, dit-il, le beau résultat de vos escapades ; pourquoi ne vous bornez-vous pas à attraper des papillons ou des mouches curieuses ? ces amusements sont du moins inoffensifs. » Et chacun disait à mi-voix : « Des papillons, passe ; mais des mouches, il y en a assez au collège. »

On se divise de nouveau. À une petite distance, on découvre des ânes tout sellés, tout bridés ; il ne manque plus que des cavaliers. « Quel malheur, se disent plusieurs, d’avoir là le bonheur sous la main et de ne pouvoir s’en emparer sans la permission du pion, qui ne la donnerait pas. — La permis-