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Page:Albanès,Les mystères du collège,1845.djvu/137

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DU COLLÉGE.

chand de coco, autre fidèle fournisseur du collége en promenade, dont l’inépuisable fontaine semble se remplir à mesure qu’on la vide. « Oh ! se disent les uns, que c’est bon ! Ça vaut mieux que l’abondance du collège, ça… C’est juste : le coco bu en liberté vaut mieux que l’eau rougie bue en captivité.

Au nombre des tout-fous qui entourent le père Chicotin, il s’en trouve un qui médite une malice. Le père Chicotin lui verse un verre de coco ; il le prend, boit, et, feignant de s’étrangler, il lui tend le gobelet que le marchand, qui en avait déjà un dans l’autre main, prend complaisamment. Aussitôt l’espiègle saute sur les robinets de la fontaine, les ouvre, et le père Chicotin, les deux gobelets en mains, regarde couler sa tisane au milieu des bouffées de rire. Mais il n’a rien perdu : les élèves, voulant lui payer leur joie, se cotisèrent, et loin d’y avoir perdu, il prie Dieu, depuis ce jour, qu’on lui fasse souvent des malices de ce genre-là.

Après cette folie, tous les yeux se portent vers un bouquet de bois très-touffu, au milieu duquel se trouve un arbre de moyenne force qui le surmonte. On aperçoit le collégien