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Page:Albanès,Les mystères du collège,1845.djvu/128

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MYSTÈRES

une idée de la bonté de Dieu. « Ma sœur, dit-il à la sœur Ragonde, il n’y a plus maintenant aucun danger pour ce que vous savez ; je m’en suis entendu avec le proviseur ; ce sera pour aujourd’hui. Allons, adieu mes bons amis… » Tous les collégiens à l’infirmerie l’entourent à l’envi, et chacun lui presse les mains. « Mes chers amis, que votre tendre affection me touche, je ne l’oublierai jamais. Croyez bien que dans les prières que j’offre à Dieu, vous occupez toujours la plus grande place ; qu’il veille sur votre avenir, et moi, quand je vous aurai perdu de vue, si j’apprends de par le monde que le sort vous a souri, que vous êtes heureux, moi je le serai de votre bonheur ; si je rencontre quelques-uns de vous je les prendrai sur mon cœur, et ma joie n’aura jamais été plus grande, plus délicieuse ! » Tous l’accompagnent jusqu’à la porte ; puis il leur dit encore une fois : « Adieu, mes chers enfants ! adieu ! »

Il est à peine descendu, qu’un élève bien portant, Lucien, est amené par un serviteur du collège. La sœur Ragonde, qui l’attendait, va à sa rencontre et lui dit : « Eh bien, êtes-vous encore fâché contre votre camarade Armand ? — Oh non, et j’ai eu bien du chagrin pendant sa maladie » Armand avait aperçu Lucien, avec qui il avait eu une querelle deux jours avant qu’il tombât malade ; son cœur battait bien fort.

Cette bonne sœur Ragonde, qui avait rêvé la réconciliation de ces deux jeunes gens, mais qui voulait l’effectuer sans