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Page:Albanès,Les mystères du collège,1845.djvu/124

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MYSTÈRES

et la bonne sœur, heureuse de les entendre rire d’aussi bon cœur, riait bien aussi un peu de ce qu’elle venait d’entendre.

Après avoir repris haleine, nos deux collégiens continuent leur lecture. Ils en sont à ce passage où Géronte dit : « Il n’y a qu’une seule chose qui m’a choqué : c’est l’endroit du foie et du cœur. Il me semble que vous les placez autrement qu’ils ne sont ; que le cœur est du côté gauche, et le foie du côté droit. » — Bon ! s’écrie l’élève qui est dans son lit… — Attends donc, écoute un peu la réponse de Sganarelle… « Oui, dit-il, cela était autrefois ainsi : mais nous avons changé tout cela, et nous faisons maintenant la médecine d’une méthode toute nouvelle. » À ces mots, nous avons changé tout cela, nos deux jeunes gens n’y tiennent plus ; celui qui lit se frappe le front et trépigne, celui qui est couché fait de telles évolutions dans son lit, que d’un coup de pied il mit en deux l’un de ses draps. Et la bonne sœur ? Elle riait, et cette fois-ci c’était vraiment pour son compte.

Sur la fin de cette délicieuse scène, le docteur Galimagne, attaché comme médecin au collége, arrivé près de la porte de l’infirmerie où il venait faire sa visite, avait entendu rire de si bon cœur que sa curiosité en fut piquée. Il entre sans bruit, s’approche tout doucement jusqu’auprès de la sœur Ragonde sans qu’elle s’en doute, et au moment même où le jeune collégien vient de lire ces mots, nous avons changé tout cela, il frappe le parquet de sa canne de jonc à pomme d’or : « Et nous aussi, dit-il, nous changerons tout cela ! Comment,