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Page:Albanès,Les mystères du collège,1845.djvu/116

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MYSTÈRES

Voyons, courage… qui dit collégien, dit oseur… eh bien, osons… fortuna juvat. » Il s’élance sur la pointe des pieds et le pion a une paire de moustaches, mais une paire de moustaches d’honneur ! L’étoffe assurément ne leur manquait pas.

Comme Raphaël se disposait à se recoucher, « malheureux ! s’écrie-t-il, j’allais commettre une faute impardonnable, je n’ai pas de moustaches, moi, et demain matin le pion dirait en me regardant : voilà le coupable ! Allons, allons, vite des moustaches à moi aussi, et de belles encore ! » Et sur-le-champ, en deux coups, l’un à droite, l’autre à gauche, le voilà revêtu de l’uniforme général.

Et sur ce, il se recouche la joie au cœur en se disant dans ses draps, ni vu ni connu, je t’embrouille ! Il n’y a pas moyen que l’on sache qui a fait le coup.

Le petit jour arrive, le tambour bat, on se lève.

Grand Dieu ! quels éclats de rire partent de tous côtés,


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quand chacun se voit ainsi moustaché. Tout le dortoir est