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Page:Albanès,Les mystères du collège,1845.djvu/114

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MYSTÈRES

tance. Eh ! parbleu, nous le croyons bien ; la manche du gilet était entièrement détricotée jusqu’à l’entournure, là où se trouve justement un point d’arrêt.

Le pion, saisi de frayeur, croit que le diable veut l’entraîner ; cependant il reprend ses sens et devine l’infernale espièglerie qu’on vient de lui jouer. Il saisit habilement le brin de laine qui vient de se rompre, et comme Frédéric n’avait pas encore lâché prise, il se berce de l’espoir, à l’aide de ce nouveau fil d’Ariane, d’arriver à saisir le coupable. Mais comme si le rusé Frédéric eût voulu tenir son espoir en haleine aussi longtemps que possible, ce n’est que lorsqu’il craint d’être pris qu’il rompt le brin de laine et se met à ronfler comme quatre.

Voyez-vous le pauvre pion se promener dans le dortoir revêtu de son gilet de tricot qui n’a plus qu’une manche, et, dans cet équipage, accusant tout le dortoir, criant comme un possédé, et réclamant la laine dont l’absente manche était faite.

Force lui fut d’aller se recoucher avec une manche de moins, mais en proférant ces mots : « Demain, pensums, retenue, cachot, vous goûterez de tout cela, et plus encore si c’est possible ! »

Mais le succès fut si complet que les punitions ont été faites avec une gaieté telle, que ceux qui les ont infligées paraissaient plus punis que ceux qui les subissaient.

Le carnaval, surtout pour la jeunesse, est fertile en idées