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Page:Albanès,Les mystères du collège,1845.djvu/110

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MYSTÈRES

prendre à son propriétaire un affreux rhume de cerveau.

Le cœur gonflé de colère, le pion saute à bas de son lit et, à force de courir, parvient à ressaisir son couvre-chef. Il se recouche en se disant : « Mais le métier de maître d’études est bien certainement une invention du diable… non, non, je me trompe… c’est le collégien qui est une invention du diable. » Le lendemain, plainte au proviseur, qui sans doute se disait en lui-même :

Gardons-nous bien de rire en ce grave sujet.

Cependant, comme il faut que justice ait son cours, tout le dortoir eut pour pensum dix fois le verbe frigy facere pœdagogum. Voilà qui est logique et conséquent.

Mais vengeance pour vengeance. On rapporte qu’un des poëtes du collége a rimé cette plaisante aventure sous le titre de : le Bonnet de coton en voyage, poëme héroï-comique.

Une belle nuit d’été, une voûte étoilée, sont inspiratrices pour le collégien.

Il est deux heures du matin. Le pion du dortoir dort admirablement bien. À un signal donné, tous les élèves sont à bas du lit, la couverture est enlevée, pliée en quatre et placée sous le bras. Dans le silence le plus complet, on descend dans la cour. Arrivés là, les couvertures sont dépliées, placées sur le dos de chacun en forme de chasuble ; on se met sur deux rangs ; la procession est en marche, et déjà on chante les vêpres à mi-voix. Il en résulte un sourd bourdon-