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Page:Albanès,Les mystères du collège,1845.djvu/106

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MYSTÈRES

Mais cette perruque, que l’on pourrait appeler la perruque de Chapelain, devait encore essuyer un assaut.

On laissa notre homme et sa perruque tranquilles pendant quelques jours ; mais, hélas ! comme on dit, le feu couve sous la cendre. Un jour donc on avait attaché au-dessus de la porte d’entrée principale du dortoir une ficelle, au bout de laquelle était fixé un hameçon ; la longueur de cette ficelle avait été calculée de manière à ce qu’il était impossible que le pion passât dessous sans qu’au moins un des beaux anneaux de sa perruque s’y accrochât. C’est bien, voilà le piège tendu : la victime va venir s’y prendre.

Les élèves montent au dortoir ; à peu de distance de la porte d’entrée deux compères se placent, l’un à droite, l’autre à gauche du pion, et, sans qu’il s’en doute le moins du monde, ils le dirigent juste sous la ficelle. Soudain, l’hameçon saisit sa proie ; le pion, se sentant accroché, se retourne vivement et voit sa perruque se balançant mollement dans les airs, tandis que son chef nu est exposé au froid et à la risée de tous les collégiens qui composent le dortoir.

Oh ! cette fois il n’y a pas moyen de cacher que l’on porte perruque ; la preuve est là suspendue comme un trophée. Que faire, grand Dieu ! dans ce cruel moment ? quel parti prendre ? Une idée lumineuse vint au pion. La raison, comme un oiseau qui passe, lui siffla un avis dans l’oreille.

« Messieurs, dit-il, j’ai eu la faiblesse de vous cacher jusqu’à ce jour que je porte perruque ; eh bien ! je ne veux plus