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Page:Albanès,Les mystères du collège,1845.djvu/103

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DU COLLÈGE.

les cris plaintifs arrivent jusqu’au pion. Il se fait un devoir de se lever et d’aller au lit du souffrant.

Pendant ce temps le conspirateur en chef, qui couchait très-près du pion se lève, et de son lit à celui du pion martyr effleure à peine le carreau, glisse sa main sous l’oreiller du susdit, s’empare de la clef de la cassette et se reglisse dans son lit.

LE PION. — Eh bien, ça se calme-t-il ?

ÉVARISTE. — Oh, oui monsieur… ça fait bien mal, mais ça va mieux, oh, bien mieux.

Sur ce, le pion se recouche et s’endort. Après s’être bien assuré du fait, notre conspirateur se lève, vole à la cassette, l’ouvre, et s’empare de la perruque, en compagnie de laquelle il va se recoucher.

Une heure environ se passe.

ÉVARISTE. — Ah ! la colique, mon Dieu, j’ai la colique. Oh, là, là.

Le pion se lève et va encore au lit d’Évariste.

Cette fois la clef est remise sous l’oreiller, le malicieux collégien recouché, la comédie jouée… et le pion aussi.

Enfin, l’heure du lever arrive. Le pion, d’un air dégagé, se rend à sa cassette, l’ouvre, y plonge sa tête, et de sa main cherche sa pauvre perruque… qu’il ne trouve pas, bien entendu. Il se perd en conjectures. Que dire ? que faire ? « Ô cruelle alternative, se dit-il à lui-même, il faut que je descende en bonnet de coton ou que je fasse voir que je porte