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Page:Albanès,Les mystères du collège,1845.djvu/101

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DU COLLÈGE.

moment ou dans un autre que l’infortuné pion portait perruque, malgré tous les mystères dont il s’environnait pour que l’on fut dupe.

Chaque soir, à l’heure du coucher, il s’approchait d’une cassette déposée sur une table ; avec la promptitude de l’éclair il l’ouvrait, y mettait sa tête, y déposait sa perruque, et en sortait son chef recouvert d’un superbe bonnet de coton. Le lendemain matin, toujours avec la promptitude de l’éclair, le bonnet de coton reprenait sa place dans la cassette, et la perruque la sienne sur la tête de notre héros. Le petit manége de notre homme était connu de tout le dortoir. Certes, pour la malice, voilà une ample moisson à faire. Le collégien va s’en charger.

Un nouveau qui, en très-peu de temps, s’était mis au niveau de la science de l’espièglerie, était jaloux d’ajouter chaque jour quelques nouveaux fleurons à sa couronne. Il s’écrie à un moment de la récréation : « Messieurs, j’ai une proposition à vous faire. — Eh de quoi s’agit-il ? répond un autre. — De forcer notre pion à descendre demain matin sans sa perruque. — Toi, dit un troisième, tu es trop nouveau pour ça, mon petit. — Tu crois ça ; eh bien, apprends-le, dit-il en se posant héroïquement :

Mes pareils à deux fois ne se font pas connaître,
Et pour des coups d’essai je veux des coups de maître !

Cette nuit, quand tout le dortoir, moi excepté, sera plongé