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Page:Albanès,Les mystères du collège,1845.djvu/100

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MYSTÈRES

reux à l’excès ; il eut le mot de l’énigme. « Ah ! monsieur, monsieur, s’écrie un élève, voyez, voyez donc, une, deux, trois souris mortes dans votre lit. — Oh ! ce chat n’avait pas de mauvaises intentions, il sait à quoi la nature l’a destiné, et il est venu faire son métier. — Vous, taisez-vous… Vous n’êtes pas content… Mille vers pour demain. — Que j’écrirai comme un chat en souvenir de ce qui vient de se passer. — Messieurs, dit le pion, il faut maintenant que je sache… » Mais personne ne dit mot : il n’y a pas de secrets mieux tenus que ceux du collége.

Porter perruque, surtout quand on est encore jeune, n’est pas sans inconvénient. La jeunesse, naturellement encline à la moquerie, dirige assez volontiers ses flèches sur les têtes dépourvues de cheveux. Un pion était dans ce cas. Il n’avait plus sur son chef que quelques cheveux épars au bas de la nuque, reste précieux d’une belle chevelure. Voyez pourtant ce que c’est que de nous !

Il était impossible qu’un pion ainsi disgracié de la nature à l’endroit susdit de son individu ne fit rien pour y remédier et donner à l’imitation les apparences de la réalité. Il se fit faire, sous le sceau du secret, une perruque par un habile coiffeur. Aussi avec quelle fierté clodionique il passait sa main dans ses cheveux d’emprunt ! Mais si le diable est malin, la gent écolière l’est peut-être davantage : elle prend dix cerveaux féminins pour faire la tête d’un collégien ! Aussi il était de toute impossibilité que l’on ne sût pas dans un