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albert d'aix.

pense que vous n’en êtes pas tous coupables, d’autant plus qu’il y a parmi vous beaucoup de gens sensés et qui ne sont pas moins affligés de cette violation du traité que le roi lui-même et les siens. Si donc vous voulez donner satisfaction au seigneur roi et apaiser les princes de la terre, il faut et il est nécessaire que vous livriez toutes vos armes entre les mains du seigneur roi, et que vous vous montriez, selon notre avis, disposés a la paix. Quand vous vous serez mis ainsi à la discrétion du roi avec tout l’argent que vous avez, vous calmerez sa colère et vous trouverez grâce devant ses yeux. Mais si vous vous conduisez autrement, pas un seul d’entre vous ne pourra vivre devant sa face et devant les siens, parce que vous avez fait dans son royaume des choses trop honteuses et trop offensantes. » Gottschalk et tous les hommes sensés se confièrent de bonne foi à ceux qui leur tenaient ce langage, attendu que les Hongrois professaient le christianisme, et ils conseillèrent à leurs compagnons, en pleine assemblée, de donner satisfaction au roi conformément à ces propositions, et de rendre leurs armes, afin de rétablir la paix et l’union avec les gens du pays. Tous en effet suivirent ce conseil, et tous livrèrent entre les mains du délégué du roi leurs cuirasses, leurs casques, toutes leurs armes, tout l’argent destiné à pourvoir à leur subsistance jusqu’à Jérusalem, certains qu’ils obtiendraient par là les témoignages de la compassion et de l’humanité du roi. Les ministres et les chevaliers de ce prince transportèrent toutes les armes dans les appartemens intérieurs du palais, et déposèrent dans le trésor royal l’argent et tous les objets de