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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/85

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— Il n’en viendra pas d’autre qu’Oonomoo, très-probablement. Dans tous les cas, tu m’éveilleras à la minute même où tu apercevras quelqu’un, de manière à ce que je sois prêt à tout événement.

Caton promit d’obéir, et se mit en faction sur le bord d’une clairière pendant que Canfield s’enveloppant dans son manteau, avec une grosse pierre plate pour oreiller, s’endormait du sommeil profond que donnent toujours la jeunesse et la lassitude.

Il dormit ainsi jusqu’après le coucher le soleil, et il ne se serait pas éveillé encore si Caton ne l’avait rudement secoué par les épaules.

— Qu’est-ce qu’il y a ? demanda-t-il en voyant l’air effaré du nègre.

— Ciel ! Bon Dieu ! Ils sont là !

— Qui donc ? de quoi parles-tu ?

— Les Indiens ! ils sont peut-être quarante mille dans la clairière !

Considérablement ému des paroles de son infirme allié, le lieutenant Canfield se leva et marcha vers la clairière pour examiner la chose.

— Ah ! mon Dieu ! soyez prudent, ou bien ils s’apercevront de votre présence ! murmurait le