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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/81

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— C’est possible : attendez, je vais voir à la minute.

Caton courut à quelque distance, fouilla dans les décombres d’un petit corps de bâtiment, et finit par y découvrir une bêche qui avait conservé la moitié de son manche.

— Qu’allons-nous faire de ça ? demanda-t-il à Canfield en la lui présentant.

— Nous allons enterrer ces malheureux corps, Caton. Il serait cruel de leur refuser une tombe alors que nous avons le loisir et la possibilité de leur en creuser une.

Le nègre avait une horreur mortelle de toucher toute créature morte ; cependant il avait déjà pensé à l’opportunité d’ensevelir tous les cadavres, sans avoir le courage de s’en occuper. Il se tut, n’osant manifester sa répugnance.

— Tu sais bêcher ? j’imagine ! demanda Canfield

— Oh oui ! je me suis souvent servi de cette bêche. Combien faut-il faire de trous ?

— Une seule fosse suffira pour les quatre morts : et cette place même est aussi bonne qu’une autre.

Le nègre commença le travail sur les indications du jeune officier. Au bout de deux heures