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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/8

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les drames du nouveau-monde



supporter une coiffure ; son gros ventre s’enflait et s’abaissait comme une vague de l’Océan, pendant que sa poitrine, à chaque respiration, faisait entendre un son rauque et sifflant, indice d’une suffocation permanente.

Les deux enfants n’auraient pas demandé mieux que d’aller jouer dehors, au soleil, si leur mère n’avait nettement opposé un veto avec lequel il n’aurait pas fait bon plaisanter. Désobéir à leur père, cela pouvait passer ; mais à leur mère ! les petits coquins s’en seraient bien gardés !

— Finirez-vous enfin ? finirez-vous ? répéta Hans furieux en soulevant sa tête, sans remuer aucune autre partie du corps.

Sa large face rouge de colère se détachait en vigueur sur le fonds obscur de la cabane, comme une pleine lune sur les nuages. Probablement ses regards exaspérés ne présageaient rien de bon, car les enfants prirent tout à coup un air contrit, et restèrent immobiles en suçant chacun leur pouce.

Le père les regarda pendant quelques instants avec une expression orageuse ; puis, s’amollissant peu à peu, il laissa retomber sa tête, respira longuement et referma ses paupières.