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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/76

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les drames du nouveau-monde

— L’ont-ils frappée ? demanda le jeune lieutenant les dents serrées.

— Non ! elle n’a pas reçu une égratignure. Elle s’efforçait d’empêcher les Indiens de tuer les pauvres nègres… sans penser à elle-même.

— Mais toi, comment t’en es-tu échappé ?

— J’étais là, sans savoir que devenir, tout près de brûler ; alors je me suis jeté au hasard, personne ne m’a vu, j’ai couru me cacher dans le bois… et me voilà.

— As-tu encore revu miss Mary ?

— Oui ; les Indiens se sont bientôt retirés l’emmenant avec eux. Ils n’ont pris aucun nègre, parce qu’ils étaient tous tués : moi j’étais presque mort, mais je suis revenu à moi.

— Y avait-il quelqu’autre membre de la famille Prescott, dans la maison, avec miss Mary ? demanda le jeune lieutenant qui connaissait pourtant bien d’avance la réponse qu’allait faire Caton.

— Personne, Dieu merci ! mistress Prescott et miss Hélène étaient parties en visite au Settlement, depuis trois ou quatre jours.

— Comment se fait-il que miss Mary fût demeurée seule ?