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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/74

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les drames du nouveau-monde



nuit dernière, un rêve dans lequel je les voyais envahir la maison, tout tuer, tout ravager et brûler misss Mary. » — Ciel ! bon Dieu ! massa Canfield, j’ai pris la chair de poule quand je l’ai entendu parler ainsi ! les jambes m’en tremblaient, j’avais le frisson ! J’en tremble encore, rien qu’en en parlant.

Moi, cependant, je dis à Big Mose de se tenir tranquille et de dormir, parce qu’il me semblait que nous étions au lit pour ça. Il n’a pas pu rester en repos : « Je vous répète, Caton, a-t-il recommencé à dire, qu’il y a des Indiens rôdant autour de la maison ; en ce moment, j’entends les bruits des genoux et des mains sur la terre. »

Enfin, il n’y a pas eu moyen de faire rester tranquille ce pauvre Big Mose : de temps en temps il disait : « Caton, levons-nous et mettons-nous sur nos gardes, les voilà qui arrivent. Je connais ça, je le sens dans mes os. Éveillons miss Mary et les Nègres pour faire nos préparatifs de défense : ils sont là, je vous le dis. »

Bon ! voilà que ce diable de nègre me met en inquiétude. J’ai beau lui répondre que je suis là pour dormir et que je ne veux pas me lever ; je me